« L’Absence de guerre » à l’Aquarium

Le 31 janvier, les élèves de l’atelier théâtre, accompagnés de Madame Pellan, professeure de lettres en charge de l’atelier théâtre, et de Madame Bouger, professeure documentaliste, ont assisté à la représentation de L’Absence de guerre.

George_JonesL’Absence de guerre de David Hare © Marjolaine Moulin

« Un thriller politique shakespearien »

Le théâtre de l’Aquarium a programmé l’Absence de guerre dans le cadre de la saison 2018/19, intitulée « question de choix ». Présentée comme un « thriller politique shakespearien », la pièce de l’écrivain britannique David Hare plonge le spectateur au cœur d’une « campagne électorale haletante et sans pitié ». L’intrigue se situe dans l’Angleterre des années 1990, où des élections sont annoncées. Tous les sondages donnent le Parti travailliste, conduit par George Jones, largement vainqueur. Le candidat, interprété par Sidney Ali Mehelleb, est entouré de conseillers qui s’évertuent à élaborer une stratégie de communication visant à flatter les électeurs pour recueillir un maximum de voix. Mais le fossé se creuse entre stratèges pragmatiques et pures idéalistes, alors que les idées et le respect de la vérité passent au second plan : « Dire la vérité, tout simplement, ce serait magnifique… Mais les mots n’ont pas seulement un sens, ils ont aussi un effet… », regrette l’idéaliste George Jones. Les rivalités s’exacerbent au sein du parti, des trahisons se profilent et les médias soulignent les failles du candidat, scellant sa défaite.

« Une fable sur les sphères de la politique », selon Aurélie Van Den Daele

Pour écrire cette pièce, David Hare s’est largement inspiré de la campagne de Neil Kinnock, qu’il a pu suivre au plus près lorsque ce dernier, alors chef de file du Parti travailliste, faillit porter cette formation au pouvoir, en 1991. L’absence de guerre n’est pas un documentaire pour autant : la modifications des noms et les références à Shakespeare – Hamlet, Richard III et le Roi Lear – permettent à la pièce de dépasser cet ancrage historique pour dénoncer les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la démocratie : la forme – l’image médiatique – efface le fond -le débat politique -, et les intellectuels se voient exclus de la politique. « À travers cette pièce, j’ai eu envie de m’interroger sur l’évolution du monde politique depuis une trentaine d’années, sur la façon dont ce monde est tombé dans l’hyper-communication, dans la folie des sondages, dans le règne des phrases choc, de l’image au mépris des idées, du storytelling… » explique la metteuse en scène, Aurélie Van Den Daele.

« Une campagne électorale filmée comme un cauchemar » d’après Evelyne Trân (LeMonde.fr, 11 janvier 2019)

Aurélie Van Den Daele a opté pour une mise en scène haletante, qui restitue la pression subie par les personnages, et accentue le suspens quasi cinématographique de la pièce. Elle joue de la vidéo pour installer un dispositif reposant sur un principe de IN/OFF. Le spectateur voit simultanément le plateau et un écran. Le plateau donne à voir l’espace privé, le QG de campagne du parti et les discussions traditionnellement cachées aux électeurs. Sur l’écran, sont projetées des images filmées en direct par Julien Dubuc : images médiatiques de la campagne, tentations de trahison, fantasmes des personnages. L’ensemble, d’un dynamisme étourdissant, bouscule les codes de la représentation théâtrale pour placer le spectateur dans une situation d’inconfort et amener le citoyen à s’interroger.

Qu’en ont pensé les élèves ?

Assafouné a estimé la pièce « trop longue » avec « trop de nudité », mais aussi « absurde » et « drôle ». Elle ajoute avoir « aimé l’éloquence de George Jones ».

Pedre, lui, n’a « pas apprécié la mise en scène » : « il y avait trop de tabac » [les personnages fumaient en effet sur scène] et des « défoulements absurdes » de personnages au début. De plus, « la pièce était un peu trop longue ».

Morgane, elle, a « juste aimé l’ambiance de la pièce et l’idée de la télé, qui est assez originale ».

Rayanne est partagé : « Cette pièce de théâtre était très intéressante au début, avec des scènes d’euphorie et d’hystérie qui m’ont beaucoup plu. Mais plus la pièce avance, plus elle s’enferme et tourne en rond, ce qui est dommage et devient désagréable. Malgré tout, le sujet étudié est pertinent, et les thématiques de fond le sont aussi. Cette espèce de côté mafieux m’a plu, dans cet univers où les gens doivent être droits vis-à-vis de la loi. »

Les Hérétiques, dernière création du théâtre de l’Aquarium, vue et appréciée par les élèves !

Mercredi 5 décembre, les élèves de seconde ayant choisi l’enseignement « arts du spectacle » se sont rendus au théâtre de l’Aquarium, à la Cartoucherie de Vincennes, où ils ont assisté à la représentation des Hérétiques, pièce écrite par Mariette Navarro et mise en scène par François Rancillac. Le vendredi 7 décembre, c’était au tour des élèves de l’atelier théâtre d’y aller.

La pièce pose la question de la laïcité et de la tolérance dans la société d’aujourd’hui, en butte à un « malaise démocratique » (F. Rancillac) qui menace la liberté de conscience. Le sujet est grave et le propos politique. La pièce fait réfléchir, sans prendre parti et ni heurter les croyances de chacun, ce que les élèves ont apprécié. Mais c’est surtout la forme – un conte fantastique, avec une martyre et des sorcières revenues d’entre les morts – et la mise en scène qui leur ont plu. Ils ont été sensibles au travail sur la lumière et le son, et ont beaucoup aimé la magie, les drôleries, et les effets spéciaux.

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Petit paysan au Forum des Images

Cette année, la classe de 2nde2, Mme Trajan et Mme Méneret participent au projet Critweet mis en place par le Forum des Images. Retour sur la projection du film Petit Paysan le 30 novembre dernier.

Rendez-vous est donné à 9h au Forum des Images situé aux Halles, en plein cœur de Paris. Les élèves de 2nde2 assistent à la projection du film Petit paysan, premier long métrage d’Hubert Charuel, sorti en salles en 2017 et  récompensé de trois Césars en 2018 : meilleur premier film, meilleur acteur (Swann Arlaud) et meilleure actrice dans un second rôle (Sara Giraudeau).

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Nous suivons le parcours de Pierre, jeune agriculteur dans une exploitation laitière familiale. Sa vie s’écroule lorsqu’une de ses vaches contracte un virus qui n’est pas sans rappeler celui de la vache folle. Afin de garder l’ensemble de son troupeau, il décide de la tuer par ses propres moyens. Il cache la vérité aux autorités sanitaires ainsi qu’à sa sœur Pascale, vétérinaire.

S’ensuit un tas de questionnement : et si une autre vache contractait la maladie ? Et si tout le troupeau était contaminé ?

A la manière d’un thriller, le réalisateur nous entraine dans l’angoisse du personnage principal qui peut tout perdre du jour au lendemain (ses animaux et son travail). Au-delà de la réflexion sur le métier difficile d’agriculteur, le film nous pousse à méditer sur notre rapport aux animaux d’élevage. L’exemple du principe de précaution est parlant : celui-ci stipule que les autorités ont l’obligation de tuer l’ensemble d’un élevage alors même qu’une seule bête est contaminée. Bien que la décision puisse être légitime pour éviter un scandale sanitaire, ne relève t-elle pas également de l’absurde ?

La ferme d’hier à aujourd’hui

Frédéric Bas, enseignant et critique anime la séance de débat en se centrant principalement sur la vision de l’élevage et de l’agriculture dans le cinéma du début du XXe siècle à nos jours. Grâce à des extraits de films, il veut montrer la dichotomie prégnante entre le monde rural et le monde urbain, alimentée principalement par les préjugés.

Les 2nde2 reçoivent le film de manière très positive. Leurs remarques et questions sont très pertinentes et amènent à un débat constructif autour de l’industrialisation des exploitations agricoles et de la notion du bien être animal.

Dans la peau de critiques de cinéma

Jeudi 13 décembre 2018, Camille Brunel, journaliste et critique, accompagné de Lily Candalh Touta du Forum des Images, viennent au lycée afin de mener un atelier de critiques autour du réseau social Twitter. Pendant deux heures, Camille recueille les avis et remarques des élèves sur Petit Paysan et les encourage à faire des parallèles avec d’autres films (Matrix, Fast and Furious, Mowgli…). La dernière heure est consacrée à la prise en main de Twitter. Les 2nde2 structurent leur pensée et publient des critiques synthétiques sur #petitpaysan et #PPFDI. L’objectif est ensuite de pouvoir échanger avec les deux autres classes qui participent au projet. Les invité.e.s et professeures sont ravi.e.s de l’enthousiasme des élèves et de la qualité de leurs interventions. Sur Twitter, cela se traduit par des critiques pertinentes et originales.

 

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