Les Misérables de Ladj Ly

En décembre 2019, les élèves de 2nde1, 2nde9, 1G1 et 1G4 de Mme Hourlier (lettres) ont assisté à la projection des Misérables de Ladj Ly à la Bourse du travail de Bobigny.

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D.R. SRAB Films – Rectangle Productions – Lyly films

Juillet 2018, la France vient de gagner la Coupe du Monde de football. Les français sont réunis sur l’avenue des Champs-Elysées à Paris pour fêter la victoire dans un esprit de camaraderie. Quelques jours plus tard, Stéphane (Damien Bonnard) entre à la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans la cité des Bosquets, en Seine-Saint-Denis. Il intègre l’équipe de Chris (Alexis Monenti) et Gwada (Djebril Didier Zonga), des expérimentés du métier. Sur fond de vives tensions entre groupes du quartier, les « bacqueux » sont à la recherche d’Issa (Issa Perica), un gamin soupçonné d’avoir volé le lionceau du cirque voisin. Dans un climat de violence avec les enfants de la cité, ils interpellent Issa et commettent une bavure filmée intégralement par un drone. Des faits qui vont mettre le feu aux poudres…

Avec ce premier long-métrage, Ladj Ly, originaire de Montfermeil, réalise un film coup de poing, sans parti pris, sur les conditions de vie et la réalité du quotidien dans les cités en France. D’ailleurs, les élèves, pour la plupart issus des cités de Montfermeil et Clichy-sous-Bois, apprécient la justesse du propos et parviennent à s’identifier à l’image de la banlieue dépeinte par le réalisateur. La scène finale, magistrale, ouvre sur une citation de Victor Hugo qui ne laisse pas indifférent : « Il n’y a ni mauvaises herbes, ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs« .

 

« L’Absence de guerre » à l’Aquarium

Le 31 janvier, les élèves de l’atelier théâtre, accompagnés de Madame Pellan, professeure de lettres en charge de l’atelier théâtre, et de Madame Bouger, professeure documentaliste, ont assisté à la représentation de L’Absence de guerre.

George_JonesL’Absence de guerre de David Hare © Marjolaine Moulin

« Un thriller politique shakespearien »

Le théâtre de l’Aquarium a programmé l’Absence de guerre dans le cadre de la saison 2018/19, intitulée « question de choix ». Présentée comme un « thriller politique shakespearien », la pièce de l’écrivain britannique David Hare plonge le spectateur au cœur d’une « campagne électorale haletante et sans pitié ». L’intrigue se situe dans l’Angleterre des années 1990, où des élections sont annoncées. Tous les sondages donnent le Parti travailliste, conduit par George Jones, largement vainqueur. Le candidat, interprété par Sidney Ali Mehelleb, est entouré de conseillers qui s’évertuent à élaborer une stratégie de communication visant à flatter les électeurs pour recueillir un maximum de voix. Mais le fossé se creuse entre stratèges pragmatiques et pures idéalistes, alors que les idées et le respect de la vérité passent au second plan : « Dire la vérité, tout simplement, ce serait magnifique… Mais les mots n’ont pas seulement un sens, ils ont aussi un effet… », regrette l’idéaliste George Jones. Les rivalités s’exacerbent au sein du parti, des trahisons se profilent et les médias soulignent les failles du candidat, scellant sa défaite.

« Une fable sur les sphères de la politique », selon Aurélie Van Den Daele

Pour écrire cette pièce, David Hare s’est largement inspiré de la campagne de Neil Kinnock, qu’il a pu suivre au plus près lorsque ce dernier, alors chef de file du Parti travailliste, faillit porter cette formation au pouvoir, en 1991. L’absence de guerre n’est pas un documentaire pour autant : la modifications des noms et les références à Shakespeare – Hamlet, Richard III et le Roi Lear – permettent à la pièce de dépasser cet ancrage historique pour dénoncer les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la démocratie : la forme – l’image médiatique – efface le fond -le débat politique -, et les intellectuels se voient exclus de la politique. « À travers cette pièce, j’ai eu envie de m’interroger sur l’évolution du monde politique depuis une trentaine d’années, sur la façon dont ce monde est tombé dans l’hyper-communication, dans la folie des sondages, dans le règne des phrases choc, de l’image au mépris des idées, du storytelling… » explique la metteuse en scène, Aurélie Van Den Daele.

« Une campagne électorale filmée comme un cauchemar » d’après Evelyne Trân (LeMonde.fr, 11 janvier 2019)

Aurélie Van Den Daele a opté pour une mise en scène haletante, qui restitue la pression subie par les personnages, et accentue le suspens quasi cinématographique de la pièce. Elle joue de la vidéo pour installer un dispositif reposant sur un principe de IN/OFF. Le spectateur voit simultanément le plateau et un écran. Le plateau donne à voir l’espace privé, le QG de campagne du parti et les discussions traditionnellement cachées aux électeurs. Sur l’écran, sont projetées des images filmées en direct par Julien Dubuc : images médiatiques de la campagne, tentations de trahison, fantasmes des personnages. L’ensemble, d’un dynamisme étourdissant, bouscule les codes de la représentation théâtrale pour placer le spectateur dans une situation d’inconfort et amener le citoyen à s’interroger.

Qu’en ont pensé les élèves ?

Assafouné a estimé la pièce « trop longue » avec « trop de nudité », mais aussi « absurde » et « drôle ». Elle ajoute avoir « aimé l’éloquence de George Jones ».

Pedre, lui, n’a « pas apprécié la mise en scène » : « il y avait trop de tabac » [les personnages fumaient en effet sur scène] et des « défoulements absurdes » de personnages au début. De plus, « la pièce était un peu trop longue ».

Morgane, elle, a « juste aimé l’ambiance de la pièce et l’idée de la télé, qui est assez originale ».

Rayanne est partagé : « Cette pièce de théâtre était très intéressante au début, avec des scènes d’euphorie et d’hystérie qui m’ont beaucoup plu. Mais plus la pièce avance, plus elle s’enferme et tourne en rond, ce qui est dommage et devient désagréable. Malgré tout, le sujet étudié est pertinent, et les thématiques de fond le sont aussi. Cette espèce de côté mafieux m’a plu, dans cet univers où les gens doivent être droits vis-à-vis de la loi. »

Les Hérétiques, dernière création du théâtre de l’Aquarium, vue et appréciée par les élèves !

Mercredi 5 décembre, les élèves de seconde ayant choisi l’enseignement « arts du spectacle » se sont rendus au théâtre de l’Aquarium, à la Cartoucherie de Vincennes, où ils ont assisté à la représentation des Hérétiques, pièce écrite par Mariette Navarro et mise en scène par François Rancillac. Le vendredi 7 décembre, c’était au tour des élèves de l’atelier théâtre d’y aller.

La pièce pose la question de la laïcité et de la tolérance dans la société d’aujourd’hui, en butte à un « malaise démocratique » (F. Rancillac) qui menace la liberté de conscience. Le sujet est grave et le propos politique. La pièce fait réfléchir, sans prendre parti et ni heurter les croyances de chacun, ce que les élèves ont apprécié. Mais c’est surtout la forme – un conte fantastique, avec une martyre et des sorcières revenues d’entre les morts – et la mise en scène qui leur ont plu. Ils ont été sensibles au travail sur la lumière et le son, et ont beaucoup aimé la magie, les drôleries, et les effets spéciaux.

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Club débat au CDI

Le club débat se déroule un mardi sur deux sur la pause méridienne au CDI, en présence des professeures-documentalistes Mme Méneret et Mme Stouff, des CPE, Mme Alppiranta, Mme Fretouly et Mme El Mouafak, de l’assistante sociale, Mme Delorière et de l’infirmière, Mme Lasso de la Vega.

Le club est ouvert à tous et les sujets sont choisis parmi les propositions d’élèves. Les lycéens d’horizons différents viennent confronter leurs idées et apprendre le respect et l’écoute de l’autre. Avant de passer à un autre sujet, un grand débat de clôture a lieu en salle de réunion, généralement le lundi soir. Cette année, les débats s’articulent autour des questions suivantes :

  • Éthique et procréation, avec l’évocation de la PMA, la GPA et l’avortement.
  • L’égalité hommes-femmes, qui s’insère dans la thématique de la Semaine de l’égalité qui a lieu du 12 au 16 mars 2018 au lycée.

Année 2017-2018