Les germanistes à Berlin : séjour réussi !

0-couv mit logos miniDu 10 au 16 février des élèves du lycée Alfred Nobel issus de classes de 2nde et de 1ère se sont envolés vers Berlin pour y retrouver 16 élèves de la Dr.-Otto-Rindt-Oberschule de Senftenberg (Brandebourg). Leur objectif : réaliser en commun des photographies sur le thème : Cultuversité – ou «Les visages de la ville – Paris & Berlin reflètent leurs spécificités et leurs différences.» destinées à être exposées dans un premier temps à Senftenberg à la fin du séjour. Le voyage était également ponctué par des séminaires portant sur la prise de vue, le recadrage, les retouches des photos mais aussi par des animations linguistiques permettant aux élèves français de mettre en application l’allemand qu’ils apprennent depuis plusieurs années.

Un voyage réussi à tous les niveaux

Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, la météo a été clémente, le soleil (et même la chaleur !) souvent au rendez-vous. Le groupe franco-allemand s’est montré très rapidement soudé et toutes les visites au programme (le mur, le parlement, « Le Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe », « le musée de la vie quotidienne en RDA dans la Kulturbrauerei ») et les nombreux monuments historiques de la capitale allemande ont su susciter l’intérêt des jeunes Français qui ont montré leur curiosité en posant des questions nombreuses et pertinentes aux différents guides et/ou aux enseignants. Et c’est avec un réel plaisir et un vrai enthousiasme que certains élèves ont fait des exposés à leur retour, questionnant de façon réfléchie la problématique du souvenir et de la mémoire, notamment quand il s’agit d’événements douloureux.

Une exposition réussie

L’exposition à Senftenberg a fait l’unanimité des parents allemands, des représentants de la ville et des enseignants qui étaient conviés. Les élèves ont fait preuve de créativité, de patience et d’une grande capacité de réflexion pour aboutir à une exposition cohérente et intéressante. L’accueil au lycée par un groupe d’élèves qui avait œuvré trois jours durant pour réaliser un buffet impressionnant tant sur le plan esthétique que gustatif, la découverte d’une école allemande resteront certainement dans les mémoires tout comme d’autres temps forts de la rencontre comme la boutique de chocolat Rittersport, les pizzas géantes et la soirée au bowling.

Tous sans exception sont impatients de repartir pour la deuxième partie du projet qui aura lieu en septembre, cette fois-ci à Paris.

Un grand merci aux parents, au lycée Alfred Nobel, à l’OFAJ,  à l’association Clever et à toutes celles et ceux qui ont rendu ce voyage inoubliable possible.

 

« L’Absence de guerre » à l’Aquarium

Le 31 janvier, les élèves de l’atelier théâtre, accompagnés de Madame Pellan, professeure de lettres en charge de l’atelier théâtre, et de Madame Bouger, professeure documentaliste, ont assisté à la représentation de L’Absence de guerre.

George_JonesL’Absence de guerre de David Hare © Marjolaine Moulin

« Un thriller politique shakespearien »

Le théâtre de l’Aquarium a programmé l’Absence de guerre dans le cadre de la saison 2018/19, intitulée « question de choix ». Présentée comme un « thriller politique shakespearien », la pièce de l’écrivain britannique David Hare plonge le spectateur au cœur d’une « campagne électorale haletante et sans pitié ». L’intrigue se situe dans l’Angleterre des années 1990, où des élections sont annoncées. Tous les sondages donnent le Parti travailliste, conduit par George Jones, largement vainqueur. Le candidat, interprété par Sidney Ali Mehelleb, est entouré de conseillers qui s’évertuent à élaborer une stratégie de communication visant à flatter les électeurs pour recueillir un maximum de voix. Mais le fossé se creuse entre stratèges pragmatiques et pures idéalistes, alors que les idées et le respect de la vérité passent au second plan : « Dire la vérité, tout simplement, ce serait magnifique… Mais les mots n’ont pas seulement un sens, ils ont aussi un effet… », regrette l’idéaliste George Jones. Les rivalités s’exacerbent au sein du parti, des trahisons se profilent et les médias soulignent les failles du candidat, scellant sa défaite.

« Une fable sur les sphères de la politique », selon Aurélie Van Den Daele

Pour écrire cette pièce, David Hare s’est largement inspiré de la campagne de Neil Kinnock, qu’il a pu suivre au plus près lorsque ce dernier, alors chef de file du Parti travailliste, faillit porter cette formation au pouvoir, en 1991. L’absence de guerre n’est pas un documentaire pour autant : la modifications des noms et les références à Shakespeare – Hamlet, Richard III et le Roi Lear – permettent à la pièce de dépasser cet ancrage historique pour dénoncer les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la démocratie : la forme – l’image médiatique – efface le fond -le débat politique -, et les intellectuels se voient exclus de la politique. « À travers cette pièce, j’ai eu envie de m’interroger sur l’évolution du monde politique depuis une trentaine d’années, sur la façon dont ce monde est tombé dans l’hyper-communication, dans la folie des sondages, dans le règne des phrases choc, de l’image au mépris des idées, du storytelling… » explique la metteuse en scène, Aurélie Van Den Daele.

« Une campagne électorale filmée comme un cauchemar » d’après Evelyne Trân (LeMonde.fr, 11 janvier 2019)

Aurélie Van Den Daele a opté pour une mise en scène haletante, qui restitue la pression subie par les personnages, et accentue le suspens quasi cinématographique de la pièce. Elle joue de la vidéo pour installer un dispositif reposant sur un principe de IN/OFF. Le spectateur voit simultanément le plateau et un écran. Le plateau donne à voir l’espace privé, le QG de campagne du parti et les discussions traditionnellement cachées aux électeurs. Sur l’écran, sont projetées des images filmées en direct par Julien Dubuc : images médiatiques de la campagne, tentations de trahison, fantasmes des personnages. L’ensemble, d’un dynamisme étourdissant, bouscule les codes de la représentation théâtrale pour placer le spectateur dans une situation d’inconfort et amener le citoyen à s’interroger.

Qu’en ont pensé les élèves ?

Assafouné a estimé la pièce « trop longue » avec « trop de nudité », mais aussi « absurde » et « drôle ». Elle ajoute avoir « aimé l’éloquence de George Jones ».

Pedre, lui, n’a « pas apprécié la mise en scène » : « il y avait trop de tabac » [les personnages fumaient en effet sur scène] et des « défoulements absurdes » de personnages au début. De plus, « la pièce était un peu trop longue ».

Morgane, elle, a « juste aimé l’ambiance de la pièce et l’idée de la télé, qui est assez originale ».

Rayanne est partagé : « Cette pièce de théâtre était très intéressante au début, avec des scènes d’euphorie et d’hystérie qui m’ont beaucoup plu. Mais plus la pièce avance, plus elle s’enferme et tourne en rond, ce qui est dommage et devient désagréable. Malgré tout, le sujet étudié est pertinent, et les thématiques de fond le sont aussi. Cette espèce de côté mafieux m’a plu, dans cet univers où les gens doivent être droits vis-à-vis de la loi. »

Klimt et Hundertwasser à l’Atelier desLumières

Après plusieurs semaines de travail sur la Sécession viennoise, le peintre viennois Gustav KLIMT et son œuvre, un groupe d’une soixantaine d’élèves – composé de Terminales GA option arts plastiques et d’élèves germanistes de première générale – a pu plonger dans l’univers féérique des artistes autrichiens Gustav Klimt, Friedensreich Regentag Dunkelbunt Hundertwasser et Egon Schiele.

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Le jeudi 6 décembre 2018, les élèves et leurs professeurs se sont rendus à l’Atelier des Lumières à Paris dans lequel l’univers de ces trois peintres a été récréé grandeur nature grâce à des projections venant de toutes parts. Les jeunes ont pu déambuler dans l’espace ou simplement profiter calmement de l’atmosphère magique née d’images gigantesques mises en mouvement et accompagnée d’extraits musicaux empruntés pour la plupart à la Vienne impériale de la fin du XIXe siècle.

Cette promenade parmi les plus beaux tableaux de ces peintres autrichiens aux sons de Richard Wagner, Ludwig van Beethoven, Philip Glass, Luca Longobardi, Gustav Mahler, Sergueï Rachmaninov et d’Alexander Warenberg a replongé les élèves dans les œuvres étudiées en cours formant un fantastique ballet d’images qui restera gravé dans les mémoires.

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Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont rendu cette aventure possible, aventure qui a été menée dans le cadre d’un projet du « programme Jeune Ambassadeur » de l’Office Franco-Allemand de la Jeunesse.

Les 2nde Arts visuels à l’exposition Tokyo-Manga

Le mercredi 12 décembre 2018, les 2nde option Arts visuels, accompagné.e.s de Mme Routis et Mme Méneret, ont découvert l’exposition Tokyo-Manga à la Grande Halle de la Villette.

Tokyo-Manga est une exposition mise en place à la Grande Halle de la Villette dans le cadre de la saison culturelle « Japonismes 2018 : les âmes en résonance » qui célèbre les 160 ans de relations diplomatiques entre la France et le Japon.

L’exposition fait le lien entre l’art du manga, l’architecture et la sociologie de la ville de Tokyo. Si aujourd’hui les mangas rencontrent un franc succès auprès du public, cela s’explique principalement par la toile de fond dressée dans la capitale nippone. De manière réciproque, la ville est influencée par la pop culture. Tout au long de la visite, la conférencière invite les élèves à se demander comment Tokyo a inspiré la production de pop-culture japonaise à travers le temps ? Et à l’inverse, comment ces perceptions fictionnelles ont-elles affecté et enrichi la ville réelle ?

Un voyage historique et sociologique à Tokyo

Dès leur entrée, les élèves « survolent » la ville de Tokyo grâce à une maquette géante qui permet de repérer les lieux emblématiques de la capitale en lien avec des extraits de jeux vidéo de simulation. Grâce à des sculptures, des estampes, des dessins originaux, des lithogravures, des extraits de films d’animation, des produits dérivés et accessoires, les jeunes comprennent rapidement les origines et enjeux des mangas.

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Maquette de Tokyo

La première partie de l’exposition est dédiée à la relation entre l’art du manga et la représentation d’un monde post-apocalyptique. En effet, dans un pays marqué par les bombardements de 1945 et les catastrophes naturelles (tsunamis et séismes), il parait logique que les mangas reflètent un cycle de destructions et reconstructions de Tokyo (Akira, New Genesis Evangelion). Godzilla est la figure mythique de ce courant de la culture populaire nippone. Présent dans une trentaine de films, il est à la fois une créature destructrice et un allié contre des forces maléfiques. Il incarne depuis 1954 les préoccupations écologiques et nucléaires du pays.

L’art du manga s’appuie également sur la renaissance du Japon après la seconde guerre mondiale. Les Américains occupent le pays jusqu’en 1952 et relèvent de manière fulgurante l’économie nippone. La Tour de Tokyo, située dans le quartier de Minato, devient le symbole de la croissance et de la grandeur retrouvée. Construite en 1958, elle apparait très régulièrement dans les films de monstres des années 50 (King Kong, Godzilla, Mothra) et s’implante dans l’imaginaire collectif des japonais.

Tokyo aujourd’hui

La dernière partie de l’exposition est dédiée à l’actuelle Tokyo dans un esprit d’immersion dans la capitale nippone. Les reconstitutions de boutiques et du métro téléportent les élèves au Japon. Alors que la ville a influencé les mangas pendant des décennies, le rapport s’inverse et celle-ci s’enrichit désormais de la pop culture. Affiches publicitaires, animes, produits dérivés, tout dans la ville rappelle le succès mondial des mangas. A tel point qu’il devient un moyen efficace pour attirer le consommateur, un argument de vente pour n’importe quelle enseigne. La jeunesse nippone se retrouve en proie à une forme de pression sociale. L’image véhiculée par les personnages de manga dont s’inspirent les boys et girls band japonais est celle d’un idéal de vie sous les diktats de l’apparence physique. Réalité et fiction se mêlent parfois pour le meilleur et pour le pire. Récemment, le mariage d’un japonais de 35 ans à l’hologramme de la chanteuse virtuelle Hatsune Miku en est le meilleur exemple.

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Dans le temple des vœux

Les élèves terminent la visite en écrivant un vœu ou un commentaire dans la langue de leur choix sur des ema qu’ils.elles accrochent ensuite sur le présentoir d’un temple japonais reconstitué. L’exposition Tokyo-Manga restera gravée dans leur mémoire comme un premier voyage dans le pays du soleil levant.

 

 

Les Hérétiques, dernière création du théâtre de l’Aquarium, vue et appréciée par les élèves !

Mercredi 5 décembre, les élèves de seconde ayant choisi l’enseignement « arts du spectacle » se sont rendus au théâtre de l’Aquarium, à la Cartoucherie de Vincennes, où ils ont assisté à la représentation des Hérétiques, pièce écrite par Mariette Navarro et mise en scène par François Rancillac. Le vendredi 7 décembre, c’était au tour des élèves de l’atelier théâtre d’y aller.

La pièce pose la question de la laïcité et de la tolérance dans la société d’aujourd’hui, en butte à un « malaise démocratique » (F. Rancillac) qui menace la liberté de conscience. Le sujet est grave et le propos politique. La pièce fait réfléchir, sans prendre parti et ni heurter les croyances de chacun, ce que les élèves ont apprécié. Mais c’est surtout la forme – un conte fantastique, avec une martyre et des sorcières revenues d’entre les morts – et la mise en scène qui leur ont plu. Ils ont été sensibles au travail sur la lumière et le son, et ont beaucoup aimé la magie, les drôleries, et les effets spéciaux.

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Petit paysan au Forum des Images

Cette année, la classe de 2nde2, Mme Trajan et Mme Méneret participent au projet Critweet mis en place par le Forum des Images. Retour sur la projection du film Petit Paysan le 30 novembre dernier.

Rendez-vous est donné à 9h au Forum des Images situé aux Halles, en plein cœur de Paris. Les élèves de 2nde2 assistent à la projection du film Petit paysan, premier long métrage d’Hubert Charuel, sorti en salles en 2017 et  récompensé de trois Césars en 2018 : meilleur premier film, meilleur acteur (Swann Arlaud) et meilleure actrice dans un second rôle (Sara Giraudeau).

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Nous suivons le parcours de Pierre, jeune agriculteur dans une exploitation laitière familiale. Sa vie s’écroule lorsqu’une de ses vaches contracte un virus qui n’est pas sans rappeler celui de la vache folle. Afin de garder l’ensemble de son troupeau, il décide de la tuer par ses propres moyens. Il cache la vérité aux autorités sanitaires ainsi qu’à sa sœur Pascale, vétérinaire.

S’ensuit un tas de questionnement : et si une autre vache contractait la maladie ? Et si tout le troupeau était contaminé ?

A la manière d’un thriller, le réalisateur nous entraine dans l’angoisse du personnage principal qui peut tout perdre du jour au lendemain (ses animaux et son travail). Au-delà de la réflexion sur le métier difficile d’agriculteur, le film nous pousse à méditer sur notre rapport aux animaux d’élevage. L’exemple du principe de précaution est parlant : celui-ci stipule que les autorités ont l’obligation de tuer l’ensemble d’un élevage alors même qu’une seule bête est contaminée. Bien que la décision puisse être légitime pour éviter un scandale sanitaire, ne relève t-elle pas également de l’absurde ?

La ferme d’hier à aujourd’hui

Frédéric Bas, enseignant et critique anime la séance de débat en se centrant principalement sur la vision de l’élevage et de l’agriculture dans le cinéma du début du XXe siècle à nos jours. Grâce à des extraits de films, il veut montrer la dichotomie prégnante entre le monde rural et le monde urbain, alimentée principalement par les préjugés.

Les 2nde2 reçoivent le film de manière très positive. Leurs remarques et questions sont très pertinentes et amènent à un débat constructif autour de l’industrialisation des exploitations agricoles et de la notion du bien être animal.

Dans la peau de critiques de cinéma

Jeudi 13 décembre 2018, Camille Brunel, journaliste et critique, accompagné de Lily Candalh Touta du Forum des Images, viennent au lycée afin de mener un atelier de critiques autour du réseau social Twitter. Pendant deux heures, Camille recueille les avis et remarques des élèves sur Petit Paysan et les encourage à faire des parallèles avec d’autres films (Matrix, Fast and Furious, Mowgli…). La dernière heure est consacrée à la prise en main de Twitter. Les 2nde2 structurent leur pensée et publient des critiques synthétiques sur #petitpaysan et #PPFDI. L’objectif est ensuite de pouvoir échanger avec les deux autres classes qui participent au projet. Les invité.e.s et professeures sont ravi.e.s de l’enthousiasme des élèves et de la qualité de leurs interventions. Sur Twitter, cela se traduit par des critiques pertinentes et originales.

 

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Les Seconde de l’option Arts visuels ont vu « Au revoir Là-haut »

Merci à Asmâa pour ce dessin !

Merci à Asmâa pour ce dessin !

Créer chacun un masque, mais aussi réfléchir sur les déclinaisons, la symbolique et les fonctions des masques : voilà le travail dans lequel sont engagés les secondes de l’option « arts visuels ».

Le 13 novembre dernier, ils ont assisté à la projection du film Au revoir Là-haut, d’Albert Dupontel, que l’Espace 93 a organisée dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale. L’un des héros de l’histoire est en effet une « gueule cassée » qui, la paix revenue, cache son visage détruit derrière les masques que ses talents artistiques lui permettent de réaliser. Malgré le réalisme cru de certaines scènes de guerre, et même si certains ont trouvé que le film manquait d’action, les élèves l’ont globalement apprécié.

Florilège de réactions :

« J’ai beaucoup apprécié le décor, le fond de musique et surtout les masques » (Ouahiba)

« Franchement, il [le film] a été parfaitement réalisé, j’adore » (Ketsia)

« Les scènes étaient super car, grâce au cadre, on s’y croyait » (Nathan)

« Je voulais à tout prix savoir la suite » (Linda) « J’ai vraiment aimé le fait que l’histoire soit triste et qu’on réussisse quand même à rigoler sur certains passages » (Sabri)

« Le film était instructif, il raconte la vie d’un soldat après la guerre, donc les conséquences que peut engendrer la guerre sur la vie des mobilisés » (Mohammed)